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All IPCC definitions taken from Climate Change 2007: The Physical Science Basis. Working Group I Contribution to the Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change, Annex I, Glossary, pp. 941-954. Cambridge University Press.

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Climate Hustle

Les scientifiques du climat pèchent par le syndrome de la moindre catastrophe

Dans un article récemment publié dans Global Environmental Change, les auteurs Brysse et al. (2012) ont constaté, en passant en revue les nombreuses prévisions faites dans le passé par les climatologues, que ces derniers ont tendance à faire preuve de trop de prudence dans celles concernant les conséquences du changement climatique. Les auteurs en déduisent que les climatologues semblent favoriser les estimations les plus prudentes au détriment des prévisions les plus alarmantes, ce que les auteurs qualifient de « péché par le syndrome de la moindre catastrophe » (erring on the side of least drama).

Pour leur article, Brysse et al. ont donc analysé les projections climatiques effectuées par le passé afin de déterminer les pressions susceptibles d'amener les climatologues à la sous-évaluation du risque.

Des projections climatiques trop prudentes

Alors que nous avons récemment montré que les projections de température du Groupe d'experts intergouvernmental sur l'évolution du climat (GIEC) ont été exceptionnellement précises, plus autres projections des rapports du GIEC se sont révélées être beaucoup trop prudentes.

Augmentation du niveau des mers

En ce qui concerne le niveau des océans, Rahmstorf (2007) et plus récemment Rahmstorf et al. (2012) ont montré que le rythme auquel le niveau des mers augmente ne peut correspondre à aucun autre scénario du GIEC que celui qui retient l'hypothèse de la plus forte hausse (figure 1).

Rahmstorf et al. (2012) en concluent que «la tendance linéaire déterminée par l'observation satellite entre 1993 et 2011 est de 3,2 ± 0,5 mm par an, soit une élévation du niveau des océans plus rapide de 60% que les 2,0 mm par an de l'estimation la plus prudente du GIEC pour la même période. »

Figure 1: niveau de la mer mesurée par satellite altimétrique (courbe rouge  et tendance linéaire selon les données AVISO du Centre National d'Etudes Spatiales) recontruite à partir des marégraphes ou mesure de la variation des marées; (courbe orange: données mensuelles de Church et White (2011)). Les données marégraphiques ont été alignées pour donner la même moyenne que les données altimétriques sur la période 1993-2010. Les courbes bleues et les courbes vertes correspondent respectivement au 3ème et 4ème rapport du GIEC, soit les rapports de 2001 et 2007 tandis que les deux précédents avaient été publiés en 1990 et 1995.

La sous-évalutation des projections de l'élévation du niveau de la mer par le GIEC est sans doute principalement due au fait que leurs modèles ne tiennent pas compte du « vêlage », c'est-à-dire des processus dynamiques liés à la désagrégation des falaises de glace et qui entraînent la formation des icebergs, puis de la fonte de ces derniers au large. L'approche du GIEC pour tenter de rendre compte de ces processus ne prend en compte comme contribution récente à l'élévation du nveau de la mer que la masse d'eau provenant de la fonte de la calotte glaciaire et « suppose que cette contribution demeure constante. » La principale raison de la faible élévation du niveau des océans dans les estimations du GIEC résulte de cette approche particulièrement prudente du phénomène.

Diminution de la banquise arctique

Trois ans après la rédaction du 4ème Rapport d'évaluation du GIEC, le diagnostic de Copenhague de 2009 s'est référé aux dernières recherches climatiques dans sa mise à jour du rapport du GIEC. En plus de confirmer la sous-estimation par le GIEC du l'augmentation du niveau des mers établi par le rapport de Rahmstorf, le diagnostic de Copenhague a également constaté que le GIEC a sous-estimé de manière signifiative la diminution de la banquise arctique (figure 2).

Figure 2: Diminution observée de la banquise arctique et minimum de celle-ci telle qu'elle modélisée annuellement dans les projections du GIEC.

Les émissions du CO2

Un rapport de 2009 de l'US National Research Council (NRC) destiné au Comité des conseils stratégiques pour le programme américan sur le changement climatique (US Climate Change Science) relève que le GIEC avait également sous-estimé les émissions récentes de CO2 des pays en développement.

"Les projections du GIEC se sont basées notamment sur une estimation d'une augmentation des émissions de CO2 pour la Chine de 3 à 4% en rythme annuel sur les 10 dernières années (GIEC, 2007a; AIE, 2007), mais des mesures effectuées dans différentes provinces indiquent que le taux réel des émissions est plus élevé et qu'elles augmentent entre 10 et 11% par an (Aufhammer et Carson, 2008). Les émissions d'un certain nombre d'autres pays développés se sont révélées elles aussi plus élevées que celles modélisées."

En plus de la sous-estimation de l'élévation du niveau des mers, le diagnostic de Copenhague pointe également le fait que les émissions humaines de CO2 ont suivi les scénarios les plus élevés du GIEC.

Figure 3: Estimations de l'AIE (Agence Internationale de l'Energie) des émissions de CO2 dues aux combustions fossiles par rapport aux scénarios d'émissions RSSE (rapport spécial sur les scénarios d'émissions) du GIEC.

La fonte du permafrost et le phénomène de rétroaction carbone

Le diagnostic de Copenhague signale encore que l'effect d'amplification du réchauffement climatique (rétroaction) dû au CO2 libéré par la fonte du pergélisol n'a été pris en compte dans aucune des projections du GIEC. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement prévient d'ailleurs que cette omission entraîne une sous-estimation du futur réchauffement climatique.

Les autres impacts sur le climat

En accord avec Déry et Brown (2007), le rapport du NRC (National Research Council) note à propos de la couverture de neige de l'hémisphère Nord qu'elle risque de diminuer à un rythme plus soutenu que prévu. D'un autre côté, le diagnostic de Copenhague relève que la pluviométrie dans les zones déjà pluvieuses est devenue plus intense et « que les changements récents interviennent plus rapidement que prévus ».

Alors que le GIEC et la communauté des climatologues ont en général sous-estimé à de nombreuses reprises les conséquences du changement climatique, il n'y a en revanche que peu d'exemples où ces conséquences ont été surestimées.

« Pécher par le syndrome de la moindre catastrophe » pour éviter tout alarmisme

Si le GIEC et les climatologues ont souvent été accusés de « catastrophisme » l'article de Brysse et al. tend à montrer que ces accusations sont dépourvues de fondement et parfaitement injustifiées.

« Les analyses que nous avons effectuées à partir des études disponibles suggèrent que si les travaux des climatologues souffrent d'un biais, ce n'est pas celui de surestimer le changement climatique d'origine anthropique mais au contraire d'en sous-estimer et le rythme et l'ampleur. »

Brysse et al. estiment que les fréquentes accusation de « catastrophisme » et les attaques dont les climatologues sont l'object de la part des climato-sceptiques (ou climato-négationnistes) sont probablement une des raison qui poussent les climatologues à sous-estimer globalement le changement climatique et à succomber au pécher du syndrome de la moindre catastrophe.

Ils écrivent ainsi que « les fréquentes attaques contre Stephen Schneider ou bien celles contre les climatologues tels que Benjamin Santer et Michael Mann font pender que l'une des raisons possibles qui amènent les climatologues à sous-estimer la menace du réchauffement anthropique est la crainte, s'ils ne le font pas, de se voir accuser par leurs opoosants (comme ce fut le acs pour Schneider) d'être par-trop alarmistes et de vendre de la peur. »

Cependant, Brysse et al. précisent que d'un point de vue scientifique et statistique, sous-estimer les conséquences d'un rique de 10% n'est moins faux que l'inverse. Par conséquent, la tendance de « pêcher par le syndrome de la moindre catastrophe » risque de créer un bias systématique à même de conduire des projections climatiques d'une moins grande précision.

L'exemple de l'ozone

Entre 2008 et 2011, Brysse et al. ont mené une série d'entretiens avec de nombreux scientifiques dont les recherches portaient sur la diminution de la couche d'ozone. En février 1992, les scientifiques de la NASA chargés d'étudier l'atmosphère au-dessus de l'Arctique ont annoncé dans un communiqué de presse qu'un trou dans la couche d'ozone de l'Arctique aussi important que celui de l'Antarctique, menaçait de se développer au printemps. Alors que les données scientifiques qui justifiaient cette alerte étaient justes, des facteurs imprévus sont intervenus et ont eu pour conséquence que la diminution de la couche d'ozone de l'Arctique en 1992 fut moins importante que ce à quoi s'attendaient les scientifiques.

« Au lendemain de la prédiction non réalisée en 1992 concernant le trou dans la couche d'ozone de l'Arctique, la presse conservatrice a sévèrement critiqué les scientifiques de la NASA pour avoir crié au loup et provoqué ainsi une panique inutile. Cette même presse les a encore accusés d'avoir agi en fonction d'impératifs émotionnels ou d'un agenda environnemental plutôt que selon les règles de l'objectivité scientifique. »

La NASA, suite à cette pluie de critiques, a retenu la leçon et est devenue beaucoup plus prudente dans sa communication. De nombreux scientifiques qui se sont intéressés à la diminution de la couche d'ozone collaborent aujourd'hui aux rapports du GIEC. Dans un entretien donné en 2009, le météorologue Jonathan Shanklin dont les recherches ont porté sur la couche d'ozone a comparé les prédictions scientifiques au principe du « crier au loup »: si vous criez trop souvent au loup, on finit par ne plus vous croire, même si le ciel est réellement en train de vous tomber sur la tête. Il estime aussi que de toutes les récentes prévisions du GIEC, concernant le changement climatique, les plus exactes correspondaient presque toujours à celles développées dans le pire scénario envisagé.

En d'autres termes, selon Shanklin, le GIEC sous-estime les conséquences du changement climatique afin d'éviter de perdre toute crédibilité à force de se faire taxer de « catastrophisme ». D'autres scientifiques interrogés par Brysse et al. et impliqués dans la recherche sur la couche d'ozone est les rapports du GIEC font par ailleurs état d'opinions plus ou moins similaires.

Les autres causes du péché du syndrome de la moindre catastrophe

Si la peur des scientifiques de se voir accusé de catastrophisme joue son rôle, Brysse et al. estiment qu'il existe d'autres causes au péché de syndrome de la moindre catastrophe. Les scienfiques invoquent ainsi souvent le « principe de moindre étonnement », principe qui les amène à choisir généralement entre deux hypothèses possibles la plus simple des deux. Conséquences du changement climatique, le rythme auquel diminue la calotte Arctique et augmente le niveau des mers a vraiment de quoi surprendre. Une autre cause possible est à chercher selon les auteurs du côté d'un conservatisme scientifique largement partagé et qui pousse considérer comme plus « sûres » les connaissances et hypothèses déjà établies et à les privilégier. A cela s'ajoute encore que les scientifiques rechignent à prendre en compte les conclusions particulièrement alarmistes ou catastrophiques.

Brysse et al. pensent aussi que « les valeurs fondamentales et essentielles de la rationalité scientifique contribuent dans la communauté scientifique à se méfier des résultats apparaissant comme trop spectaculaires ... De plus, les scientifiques sont également très prudents face à des déclarations ou des hypothèses nouvelles et, ou tranchant avec ce dont ils ont l'habitude, toute nouvelle allégation, et, toutes choses étant égales par ailleurs, plus la déclaration ou l'hypothèse semble dramatique ou extraordinaire, plus la prudence est de mise. « Les déclarations dramatiques ouvrent les portes à la critique des scientifiques qui en sont les auteurs non seulement de la part des climato-négationnistes, mais aussi de la communauté scientifique », notent-ils ainsi.

Les dangers du péché du syndrome de la moindre catastrophe

En résumé, les climatologues tendent à sous-estimer de manière systématique les conséquences dues aux effets du changement climatique pour trois raisons:

  • Eviter les accusations de « catastrophisme » de la part des climato-sceptiques (ou climato-négationnistes);
  • Parce que les scientifiques, prudents par nature, restent parfois sceptiques même face à la dimension dramatique du changement climatique;
  • Et parce que le scientifique qui fait des déclarations ou émet des hypothèses susceptibles d'être considérées comme trop dramatiques risque d'être l'objet d'une sévère critique par la communauté scientifique elle-même.

Cependant, la tendance à la prudence imposée par le syndrome de la moindre catastrophe conduit à un résultat dangereux.

« L'excès de prudence dû au syndrome de la moindre catastrophe des climatologues  et des experts ne préparent pas les décideurs politiques et le grand public a éventuellement affronté la réalisation du pire des scénarios pour la raison même que ceux qui auraient pu le faire ont préféré sous-évaluer les risques liés au changement climatique. »

Laissons le dernier mot à Brysse et al.

« Notre hypothèse de péché du syndrome de la moindre catastrophe ne vise en aucun cas à une critique des scientifiques et de la science dont il est parfaitement établi qu'ils ont largement contribué au bien-être et au progrès de l'humanité. Le syndome de la moindre catastrophe sert plutôt de base à la question de l'interprétation des évaluations scientifiques dans le domaine d'un risque qui représente un défi tant pour le pouvoir politique que pour le grand public. A vouloir éviter de sur-dramatiser la situation, la communauté scientifique risque néanmoins de minimiser dans les conclusions de leurs recherches la dimension du risque. Evaluer cette minimisation possible du risque est nécessaire, car elle pourrait empêcher de prendre la pleine mesure de la situation et de toutes les implications et conséquences liées aux phénomènes naturels qui pourraient survenir du fait du changement climatique. En effet, il existe de nombreux phénomènes naturels dont les conséquences se révèlent particulièrement dramatiques et si la dimension dramatique provient principalement de l'impact social, politique ou économique de ces événements, il est essentiel que le risque associé à ces événements soit pleinement pris en compte et non pas sous-estimé. »

Note: Les résultats obtenus par Brysse et al. ont été intégrés à la réfutation du mythe selon lequel le GIEC est alarmiste.

Translation by Thierry Tacite. View original English version.



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